Vive le capitalisme!!

LE CAPITALISME FONCTIONNE... POUR CERTAINS...

On nous rebat les oreilles des fonctionnaires qui percoivent des "rentes", ne travaillent pas, sont tout le temps en grève etc etc... Je vous le dis, IL Y EN A MARRE de se faire prendre pour des cons! OUVREZ LES YEUX! Le capitalisme à l'américaine, c'est la jungle, c'est l'absence de règles, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, c'est une part du gâteau de plus en plus importante pour certains et de plus en plus faible pour les autres. L'instauration de cette société inégalitaire par excellence, passe par la destruction de tout ce qui peut ressembler à un service public, c'est à dire à une entreprise oeuvrant pour le bien de tous (sans nier qu'il y a des choses à changer dans la fonction publique, oh oui, certainement, mais pas forcément ce dont on vous parle dans les médias...). Quelques exemples du capitalisme en marche:

    Aux USA, le 25 mais, lors de l'Assemblée Générale de l'entreprise Home Depot, les actionnaires se sont révoltés. Pourquoi? Tout simplement parce que leur patron, Robert Nardelli, a été payé 245 millions de dollars (vous avez bien lu) durant les 5 dernières années. Les résultats de l'entreprise sur la même période chutaient de 12%. M. Nardelli qui refusait de répondre aux questions a suspendu la séance après 30 minutes!

    Encore un autre exemple, toujours outre-atlantique, cette fois chez Exxon. Cette société a réalisé le plus gros profit de l'histoire, plus de 36 milliards de dollars. Son AG s'est tenue le 31 mai au Texas. Les actionnaires ont encore manifesté leur colère. La raison? Le PDG,  Lee Raymond et son salaire et sa prime de retraite. Salaire: 69.4 millions et prime de retraite: 98.4 millions. Réjouissez vous salariés français, vous devrez travailler pendant plus longtemps pour toucher moins, car la population vieillit ma bonne dame, eh oui que voulez vous! Un expert comptable qui a fait une analyse pour le New York Times, a conclu que M. Raymond a perçu 686 millions de dollars entre 1993 et 2005. Cela représente tout de même 144.573 dollars par jour passé à la tête de l'entreprise... (rappelez moi, pour combien en avez vous pris pour votre crédit immobilier, et pour quelle somme?...)
    M. Jack Welch, le patron de General Electric, a quand à lui gardé le droit d'utiliser les avions de la société après son départ à la retraite, puis il a aussi gardé le droit de rester dans un appartement de New York, dont le loyer mensuel est de 50.000 dollars (notre ex-ministre des finances va être jaloux...) plus d'autres avantages évalués à 2.5 millions de dollars par an!
    Ancien président de Delta Airlines, M. Ronald Allen est resté consultant de l'entreprise pour 500.000 dollars annuels, et cette somme continuera d'être versée à son épouse si il venait à mourir le premier! (rappelez moi les conditions de versement des pensions de reversion déja?)
    Selon une étude de la Réserve Fédérale Américaine, publiée en mai, les revenus des patrons représentaient en 2005 plus de 170 fois celle du salarié moyen dans ce pays. Rappelons qu'en 1970, ce multiple n'était "que" de 40... Le revenu moyen d'un PDG d'une des cent plus grandes entreprises aux USA est de 17.9 millions de dollars, soit une hausse de 25% par rapport à 2004. Dans le même temps, les employés ont été augmentés de 3% en moyenne.
    Qui a été augmenté de 3% ces derniers temps en France? Pas moi qui suis fonctionnaire-rentier... Mon augmentation ne couvre même pas l'inflation depuis 2000, mon salaire a même baissé. Et je suis prêt à parier que c'est la même chose dans le privé, à quelques rares exceptions près.
    Combien de temps encore nous laisserons nous entraîner par ces politiques incapables qui ne sont pas là pour servir les intérêts de ceux qui les ont élus, mais de leurs amis financiers et patrons d'entreprises? Combien de temps encore allez vous vous laisser berner et abuser avant de vous réveiller. Pour quelle raison le capitalisme tel qu'on nous le présente serait-il la seule voie raisonnable possible? Alors qu'on nous parle d'évolution,  de nécessaire réforme, on nous vend en fait l'IMMOBILISME. Il faut instaurer le système capitaliste et ne pas en bouger, ce dans l'unique but de préserver les intérêts de certains, pendant que dans le même temps le travail, votre travail, sert de variable d'ajustement pour préserver les 15% de bénéfices des entreprises privées, réclamés par les fonds de pensions et les actionnaires, c'est à dire par des OISIFS, qui plument ceux qui les font vivre.

Je vous recommande d'aller écouter les émissions de radio "Des Sous et des Hommes" dont le lien est sur mon blog, dans la boîte dédiée dans le menu gauche.

(informations tirées de l'édition du monde du 20.06.2006:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-785224,0.html )
Dimanche 31 juillet 2005 7 31 /07 /Juil /2005 00:00

EUROPABIO

Cette organisation regroupe 600 entreprises, dont l'américaine Monsanto.

Le 6 juillet 1998, la Commission a adopté grâce à cette ONG la directive 98/44 qui légalise la biopiraterie et le brevetage du vivant animal, végétal et humain. C'est Europabio qui a proposé de mettre fin au moratoire sur les OGM en europe, et c'est aussi grâce à cette ONG que la C.E. ne défend pas le principe de précaution au sein de l'U.E.

Par Alain - Publié dans : Politique
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Samedi 30 juillet 2005 6 30 /07 /Juil /2005 00:00

ESF

ESF (p.31) European Services Forum (depuis 2000, avant, ESN, European Services Network).


Cette organisation a été créée au sein de l'UNICE en 1998 avant la mise en oeuvre de l'AGCS, pour « conseiller » les négociateurs de l'U.E à propos des principales barrières au commerce sur lesquelles les négociations devraient se concentrer. L'ESF a été enregistrée officiellement comme ONG par l'OMC en 1999 à Seattle (lors de la conférence). Un de ses représentants faisait même partie de la délégation officielle de l'U.E à cette conférence!

2000: l'ESN devient ESF, European Services Forum. Elle regroupe 50 compagnies transnationales et 36 fédérations européennes dont le secteur d'activité sont les services. Sont membres, parmis d'autres, EDS, DHL, IBM, Microsoft, Universal Music Group.

Les propositions de la Commission européenne reflètent parfaitement les principes élaborés en partenariat avec l'US Coalition of Services Industries: libéralisation, poussée de tous les secteurs de l'économie, suppression des législations nationales qui sont des freins à la libre concurrence (penser à la « concurrence libre et non faussée » du TCE...)

    • faire respecter les règles de l'AGCS par les états

    • suppression des exigences relatives aux personnes employées (en gros, il serait bon de supprimer le code du travail...)

    • limitation des réglementations nationales en insistant sur les disciplines arrêtées par l'OMC.

Par Alain - Publié dans : Politique
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Samedi 30 juillet 2005 6 30 /07 /Juil /2005 00:00

TABD: Trans Atlantic Business Dialogue.


Créé en 1995 à l'initiative de la Commission Européenne et du ministre du commerce Américain. Regroupe les PDG des 150 entreprises européennes et américaines les plus importantes.

Son rôle est de formuler des recommandations (remarquez la récurrence de ce terme dans les communications officielles, il ne s'agit nullement de donner un 'ordre' ou de 'diriger' ou encore de 'commander' aux institutions officielles, il s'agit simplement de « recommander ». En effet, comment une ONG pourrait elle diriger une institution ou encore un état? La réthorique utilisée ici est représentative des procédés utilisés pour tromper les populations, en minimisant sans arrêt l'importance de l'action de ces « ONG ») dans le but de supprimer les barrières au commerce et aux investissements et faire avancer la libéralisation du commerce mondial avec l'OMC. Cette organisation a noué des liens très étroits avec la C.E. et avec les directions générales en charge du commerce et de l'industrie. Dans ces directions générales ont été créées des cellules pour recevoir directement les recommandations du TABD et les faire appliquer.

Jérôme Monod alors président du TABD dit que cette ONG est « sans nul doute possible, l'organisation non gouvernementale qui dispose du plus grand accès aux institutions politiques des deux côtés de l'atlantique. Les contacts avec la commission sont extrêmements réguliers, d'une manière informelle et autrement. » Déclaration au parlement européen, 18 mars 1999.

Au sein de la commission, un document interne à celle-ci et appelé TABD Implementation Tables (Tableaux de réalisations du TABD) organise le suivi de l'application des « recommandations » du TABD.

Par Alain - Publié dans : Politique
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Samedi 25 juin 2005 6 25 /06 /Juin /2005 00:00
Ceci est la reproduction d'un encadré du rapport du PNUD 2001 sur le développement humain dans le monde, page 17 (vous pouvez télécharger le rapport complet sur le site pour la version française. (http://www.undp.org/hdr2001/french/)


L'inégalité : mal nécessaire ou grave problème

L'inégalité pose-t-elle un réel problème et, si oui, pourquoi ? Cette question n'est pas nouvelle : elle remonte à l'époque de Karl Marx et même avant. Pour les économistes du développement, qui s'intéressent essentiellement à la situation des pays pauvres, la priorité doit être donnée à la croissance et à la réduction de la pauvreté. L'inégalité est donc à leurs yeux un problème secondaire. Quant à ceux du courant dominant, leur position durant la majeure partie de l'après-guerre a été de voir dans l'inégalité, au pire, un mal nécessaire. Pour ce groupe, elle agit comme un accélérateur de croissance. En effet, elle concentre les revenus entre les mains des plus riches, qui épargnent et investissent plus, et incite les individus à travailler dur, à innover et a prendre des risques productifs.
Pourtant, l'inégalité des revenus constitue bel et bien un problème de premier plan. Elle est négative en soi pour les individus - et les pays - qui s'inquiètent de leur situation relative en termes de revenu. De plus, elle petit gêner le fonctionnement de certains rouages économiques, c'est-à-dire avoir d'autres conséquences qu'elle-même.

- L'inégalité peut accentuer les effets négatifs des carences du marché et des politiques économiques sur la croissance, et donc sur la lutte contre la pauvreté. Aussi revêt-elle une importance particulière dans les pays pauvres, où l'imperfection des marchés et les dysfonctionnements institutionnels sont monnaie courante. Dans les pays, par exemple, où les marchés financiers fonctionnent mal, les personnes démunies, incapables de fournir des garanties suffisantes, ne peuvent pas emprunter. Leur capacité à entreprendre s'en trouve limitée, ce qui entrave la croissance en général, et restreint en particulier les possibilités accessibles aux personnes vivant dans le dénuement. Si la croissance ne suffit pas toujours à faire progresser le développement humain et à réduire la pauvreté monétaire, elle y contribue largement, comme en témoigne l'expérience de la Chine, de la République de Corée et d'autres pays est asiatiques. Enfin, il faut tenir compte de la réalité arithmétique. Même' en présence dune croissance qui profite uniformément à tous, la réduction de la pauvreté est moindre, à taux de croissance égal, dans les pays où les inégalités sont initialement plus importantes.

-La concentration du revenu au sommet de la hiérarchie sociale peut compromettre le succès de politiques publiques aptes à faire progresser le développement humain, telles que la promotion d'une éducation publique universelle et de qualité. Par ailleurs, les politiques populistes génératrices d'inflation tournent à long terne au désavantage des pauvres. Une tarification artificiellement basse de l'eau et des infrastructures sanitaires entraîne une faillite de facto des services publics, qui sont des lors incapables de se développer jusqu'à desservir les zones les plus pauvres. Le soutien des riches aux subventions à l'industrie ou aux prêts à taux préférentiel accordés aux grands propriétaires terriens peut également avoir un effet négatif direct sur la croissance. L'élaboration et la mise en oeuvre de politiques sociales efficaces se révèlent particulièrement difficiles dans les pays où la structure des inégalités se caractérise par une concentration du revenu au sommet et par une pauvreté étendue à la base, et donc par l'absence d'une classe moyenne susceptible de demander des comptes à I'Etat.


-L'inégalité tend à éroder les valeurs sociales, notamment la confiance et le sens de la responsabilité civique, conditions essentielles à l'instauration d'institutions publiques saines et durables. Elle petit entraver la participation des individus aux sphères de la vie communautaire telles' que les espaces récréatifs, les clubs sportifs et les associations parents enseignants dans les écoles publiques. La délinquance nuit à la vie collective, et l'on observe souvent une corrélation, dans différents pays, entre les écarts de revenus et les taux de criminalité et de violence qui y sont enregistrés.

-Avec le temps, l'inégalité provoque une accoutumance des sociétés. Le creusement des écarts de rémunérations sous la pression de la mondialisation (par exemple, par l'augmentation des salaires des personnes les plus qualifiées et les plus mobiles au-delà des frontières nationales) risque à terme de repousser le seuil de tolérance de la société à l'égard des disparités de revenus; Or, si l'inégalité constitue bel et bien un problème prioritaire pour l'une ou l'autre des raisons; évoquées ici, alors l'éventualité d'une aggravation de cette inégalité est elle aussi préoccupante.


Par Alain - Publié dans : Economie
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Samedi 11 juin 2005 6 11 /06 /Juin /2005 00:00
Frederic Beigbeder

Le pire des systèmes.

Pour réduire l'humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Nous vivons dans le premier système de domination de l'homme par l'homme contre lequel même la liberté est impuissante. Au contraire, il mise tout sur la liberté, c'est là sa plus grande trouvaille. Toute critique lui donne le beau rôle, tout pamphlet renforce l'illusion de sa tolérance doucereuse. Il vous soumet élégamment. Tout est permis, personne ne vient t'engueuler si tu fous le bordel. Le système a atteint son but: même la désobéissance est devenue une forme d'obéissance. Nos destins brisés joliment mis en page. Vous même, qui lisez ce livre, je suis sûr que vous vous dites: " Comme il est mignon, ce petit pubard qui crache dans la soupe, allez, à la niche, tu es coincé ici comme les autres, tu paieras tes impôts comme tout le monde. " Il n'y a aucun moyen d'en sortir. Tout est verrouillé, le sourire aux lèvres. On vous bloque avec des crédits à rembourser, des mensualités, des loyers à payer. Vous avez des états d'âme? Des millions de chômeurs dehors attendent que vous libériez la place. Vous pouvez rouspéter autant que vous voulez, Churchill a déjà répondu: il a dit " c'est le pire système à l'exception de tous les autres ". Il ne nous a pas pris en traître. Il a n'a pas dit le meilleur système; il a dit le pire.
14.99€, Grasset, 2000.


Armand Farrachi

La censure économique.

Dans le septième cercle de son enfer, où Dante les avait enfermés, les violents contre l’esprit fricotaient déjà avec les violents contre la nature. De même qu’elle s’entend à neutraliser l’information sans la supprimer mais en la noyant dans un flot continuel d’informations indifférenciées, la censure économique n’a pas besoin de ciseaux ni de cartons pour interdire les œuvres non-conformes au principe de rentabilité. Il lui suffit d’empêcher celles qui n’auraient pas de public constitué par avance, et par elle-même. L’œuvre n’a plus qu’à créer son public mais à répondre à la demande d’un public « formaté » par le marché. Le vide sera comblé par des ersatz, sur le modèle de ces musiques d’ascenseurs, de salles d’attente et de supermarchés, faites non pour être écoutées mais pour faire vendre et pour faire patienter, art de charmeurs de serpents ou d’amuseurs d’esclaves à qui l’abrutissement sert d’extase et l’Audimat de jugement. Tandis qu’ils s’applaudissent entre eux, on s’ennuie, avouons-le, on s’ennuie énormément.
Entassés dans les cellules payables en dix, quinze ou vingt ans, avec une amende mensuelle pour délit de pauvreté sous forme d’intérêts, les condamnés à la consommation perpétuelle seront autorisés à une promenade quotidienne devant la télévision. Empêchés de fuir autant que de lutter, les moins résistants pourront toujours cantiner aux antidépresseurs, vendus directement par l’administration. Pendant les permissions, les plus méritants veilleront à reproduire le comportement de leurs maîtres en s’acharnant sur leur ennemi commun, en traquant la sauvagerie jusque dans ses séquelles. Compte tenu du nombre de volontaires, l’invitation tourne au lynchage.
« N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde » disait l’apôtre Jean à ses disciples pour les détacher des biens matériels. Pressés de convertir les leurs au culte qu’ils président, les apôtres de la marchandise commandent à leur tour : « N’aimez pas la terre, ni ce qui est de la Terre. »
Les ennemis de la terre, Exils, 1999.

99 francs, Frederic Beigbeder, Grasset.

 

Quand, à force d’économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, celle que j’ai shootée dans ma dernière campagne, je l’aurai déjà démodée. J’ai trois vogue d’avance, et m’arrange toujours pour que vous soyez frustré. Le Glamour, c’est le pays où l’on n’arrive jamais. Je vous drogue à la nouveauté, et l’avantage avec la nouveauté, c’est qu’elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Vous faire baver, tel est mon sacerdoce. Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas.

 

Connaissez-vous la différence entre les riches et les pauvres ? Les pauvres vendent de la drogue pour s’acheter des Nike alors que les riches vendent des Nike pour s’acheter de la drogue.

 

Les hommes politiques ne contrôlent plus rien ; c’est l’économie qui gouverne. Le marketing est une perversion de la démocratie : c’est l’orchestre qui gouverne le chef. Ce sont les sondages qui font la politique, les tests qui font la publicité, les panels qui choisissent les disques diffusés à la radio, les "sneak previews" qui déterminent la fin des films de cinéma, les audimats qui font la télévision. [...] Big Brother is not watching you, Big Brother is testing you. Mais le sondagisme est un conservatisme. C’est une abdication. On ne veut plus vous proposer quoi que ce soit qui puisse RISQUER de vous déplaire. C’est ainsi qu’on tue l’innovation, l’originalité, la création, la rebellion. Tout le reste en découle. Nos existences clonées... Notre hébétude somnambule... L’isolement des êtres... La laideur universelle anesthésiée....

 

Picasso est un nom de bagnole Citroën, Steve Mc-Queen conduit une Ford, Audrey Hepburn porte des mocassins Tod’s ! Tu crois qu’ils se retournent pas dans leur tombe, ces gens-là, d’être transformés en VRP posthumes ? C’est la nuit des morts-vivants ! Cannibal Holocaust ! On bouffe du cadavre ! Les zombies font vendre !

 

Toutes ces marques sont rigoureusement inattaquables. Elles ont le droit de vous parler mais vous n’avez pas le droit de leur répondre. Dans la presse, vous pouvez dire des horreurs sur des personnes humaines mais essayez un peu de descendre un annonceur et vous risquez très vite de faire perdre à votre journal des millions de francs de rentrées publicitaires. A la télévision, c’est encore plus retors : une loi interdit de citer des marques à l’antenne pour éviter la publicité clandestine ; en réalité, cela empêche de les critiquer. Les marques ont le droit de s’exprimer tant qu’elles le veulent (et paient ce droit très cher), mais on ne peut jamais leur répondre.

 

Ed. Grasset (2000).
Par Alain - Publié dans : La publicité
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